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Auto-entrepreneur · 18 janvier 2026 · 5 min de lecture

Auto-entrepreneur : versement libératoire ou barème classique ?

seuil

C'est l'une des premières cases à cocher quand on crée sa micro-entreprise, et l'une des plus mal comprises : faut-il opter pour le versement libératoire de l'impôt sur le revenu ? La réponse tient en une règle simple — mais encore faut-il la connaître, car un mauvais choix peut vous coûter plusieurs centaines d'euros par an.

Deux mécanismes très différents

Avec le versement libératoire, vous payez votre impôt en même temps que vos cotisations, en pourcentage fixe du chiffre d'affaires encaissé : 1 % en achat-revente, 1,7 % en prestations commerciales et artisanales, 2,2 % en libéral. L'impôt est soldé au fil de l'eau, définitivement — d'où le nom « libératoire ».

Sans l'option, votre chiffre d'affaires est reporté sur la déclaration annuelle du foyer. L'administration applique un abattement forfaitaire pour frais (71 % en vente, 50 % en BIC services, 34 % en BNC), et le bénéfice ainsi calculé rejoint les autres revenus du foyer, soumis au barème progressif — avec ses tranches à 0 %, 11 %, 30 % et au-delà.

La règle de décision

Tout se joue sur votre taux d'imposition réel au barème. Si votre foyer n'est pas imposable — ce qui est le cas de près d'un foyer sur deux en France — le versement libératoire est une erreur pure : vous payez un impôt (1 à 2,2 % du CA) que le barème ne vous aurait jamais réclamé. À l'inverse, si votre foyer est confortablement installé dans la tranche à 11 % ou 30 % (grâce au salaire d'un conjoint, par exemple), le versement libératoire est presque toujours gagnant : 2,2 % du CA en libéral équivaut, après abattement de 34 %, à environ 3,3 % du bénéfice — bien moins que 11 % ou 30 %.

Un exemple concret : un consultant en BNC facture 40 000 €. Au versement libératoire, il paie 880 € d'impôt. Au barème, son bénéfice imposable est de 26 400 € ; célibataire sans autre revenu, son impôt serait d'environ 1 700 € — le versement libératoire lui fait gagner plus de 800 €. Mais si ce même consultant était non imposable (enfants, revenus modestes du foyer), le barème lui aurait coûté 0 €.

Les conditions et le piège du plafond

L'option n'est pas ouverte à tous : votre revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année ne doit pas dépasser un plafond (environ 28 800 € par part). L'option se prend à la création ou avant le 30 septembre pour l'année suivante, auprès de l'URSSAF. Et attention au faux ami : le versement libératoire ne dispense pas de déclarer le CA sur la déclaration annuelle — il y figure pour le calcul du taux appliqué aux autres revenus du foyer.

Avant de choisir, faites tourner les deux scénarios avec vos vrais chiffres : notre calculateur auto-entrepreneur montre l'impact du versement libératoire sur votre net, et le calculateur d'impôt sur le revenu vous donne ce que le barème coûterait à votre foyer. Dix minutes qui peuvent valoir plusieurs centaines d'euros chaque année.

Publié le 18 janvier 2026. Contenu informatif ne constituant ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal ou financier personnalisé.