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Épargne · 8 août 2026 · 6 min de lecture

Livret A à 1,7 % depuis le 1er août : ce que ça change vraiment pour votre épargne

Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A est passé de 1,5 % à 1,7 %. C'est la première hausse depuis 2023, après une série de baisses qui avait ramené le placement préféré des Français de 3 % à son plus bas niveau depuis des années. Le LDDS suit automatiquement le même taux. Le LEP, lui, se maintient à 2,5 % — et cet écart mérite qu'on s'y arrête.

Ce que la hausse rapporte concrètement

Traduisons ces pourcentages en euros, parce que 0,2 point ne parle à personne.

Sur un Livret A rempli au plafond de 22 950 €, vous passez d'environ 344 € à 390 € d'intérêts annuels. Soit 46 € de plus par an, moins de 4 € par mois.

Sur une épargne de 5 000 €, plus représentative de la majorité des livrets, la hausse rapporte 10 € sur l'année.

C'est mieux que rien, mais cela ne change pas fondamentalement la donne. Ce qui explique d'ailleurs pourquoi plus de cinq milliards d'euros ont quitté le Livret A et le LDDS depuis janvier : les épargnants ont soit retiré pour consommer, soit cherché ailleurs.

Le vrai sujet : le rendement réel

Un taux nominal ne dit rien tant qu'on ne le compare pas à l'inflation. Le rendement réel, c'est ce qui reste de votre pouvoir d'achat une fois les prix pris en compte.

À 1,7 % avec une inflation qui remonte, votre épargne se maintient à peine. Elle ne vous appauvrit plus franchement — contrairement à 2023 où un Livret A à 3 % face à une inflation à 5 % faisait perdre 2 % de pouvoir d'achat par an — mais elle ne vous enrichit pas non plus.

C'est le point que beaucoup manquent : le Livret A n'est pas un placement, c'est un coussin de sécurité. Sa fonction est d'être disponible immédiatement, sans risque et sans frais. Pas de faire fructifier un capital.

Le LEP, largement sous-utilisé

Voilà l'information qui vaut vraiment le détour. Le Livret d'épargne populaire rapporte 2,5 %, soit près de 50 % de plus que le Livret A, et le gouvernement a choisi de maintenir ce taux alors que la formule réglementaire aurait justifié une baisse à 2,2 %.

Il est réservé aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain plafond — un seuil bien plus élevé qu'on ne l'imagine, qui rend éligible une large part des ménages français. Pourtant, des millions de personnes qui pourraient en ouvrir un ne l'ont jamais fait, souvent parce qu'elles se croient trop aisées pour y avoir droit.

Le réflexe utile : vérifiez votre revenu fiscal de référence sur votre dernier avis d'impôt, et demandez à votre banque si vous êtes éligible. Si vous l'êtes, remplissez le LEP en priorité avant le Livret A.

Combien laisser sur un livret, et à partir de quand chercher ailleurs

La règle communément admise consiste à conserver trois à six mois de dépenses courantes en épargne de précaution, disponible immédiatement. C'est exactement le rôle du Livret A et du LDDS.

Au-delà, la question change de nature. Un capital qui dort à 1,7 % pendant dix ans alors qu'il n'a pas vocation à être utilisé perd du terrain face à des placements de long terme. Assurance-vie, PEA, immobilier locatif — chacun avec son horizon, sa fiscalité et son niveau de risque.

L'erreur inverse existe aussi : placer son épargne de précaution sur un support risqué ou bloqué. Le jour où la chaudière lâche, vous n'aurez pas envie de vendre des actions au mauvais moment.

Visualisez l'effet sur votre propre épargne

Un chiffre reste abstrait tant qu'on ne l'applique pas à sa situation. Notre calculateur d'intérêts composés vous montre ce que devient votre épargne selon le taux et la durée — et sépare visuellement ce que vous avez versé de ce que le temps a produit.

L'exercice est instructif : comparez ce que donne 200 € par mois à 1,7 % sur vingt ans, puis le même effort à 2,5 %, puis sur un support à 5 %. L'écart final surprend toujours.

Notre article « Commencer à épargner à 25 ou à 35 ans » prolonge la réflexion sur ce qui compte vraiment en matière d'épargne — et ce n'est pas le taux.

Publié le 8 août 2026. Contenu informatif ne constituant ni un conseil juridique, ni un conseil fiscal ou financier personnalisé.